30.04.2010

Un amour de nounours

ours.jpg
Elle a gardé en elle, au fond de sa mémoire
Le vent qui cette nuit jouait dans ses cheveux,
Lorsque main dans la main quand la nuit se fit noire
Ils se sont embrassés, protégés par les cieux.

A la pomme d'amour elle repense aussi,
Celle que tous les deux, ils avaient dévorée.
Et comme à ce moment, la magie de la nuit,
Pour une éternité semblait s'être installée.

Parmi ces souvenirs qui firent la vie belle,
Tous ces moments passés, partagés avec lui
Il en est un précis, drôle qui lui rappelle
Ces choses amusantes qu'il faisait aussi.

Elle vit un nounours posé sur l'étagère,
De ce stand à la fête où ils étaient allés.
Elle tomba d'amour pour cet ourson polaire
Que la lune éclairait de ses rayons feutrés.

Elle lui dit alors qu'elle le désirait,
Il s'en vint aussitôt pour lui être agréable.
Il paya trois fléchettes pour lui décrocher,
Le lot qu'elle espérait, cet ourson adorable.

Cinq euros, trois essais, il en dépensa vingt
Essayant d'éclater trois ballons pour gagner.
Il n'était pas doué, s'appliquait néanmoins,
Pour pouvoir lui offrir ce nounours qu'elle aimait.

Elle repense encor comme il avait l'air triste,
Quand il n'eut plus d'argent, pour elle, à dépenser,
Comme il s'est retourné, a dit l'air pathétique :
Je suis si désolé, je ne peux pas gagner.

Alors le vieux forain, sensible et attendri,
Voyant le désespoir de ce pauvre jeune homme,
Lui dit : tu as tenté mais perdu le pari.
Je te donne cet ours, offre-le à ta môme.

Les années ont passé, ils ont chacun leur vie,
Elle garde en mémoire ces jours de bonheur.
Le vieux nounours est là, la mine défraîchie,
Il l'accompagnera jusqu'à ce qu'elle meurt.

Cet ours représente l'amour d'un jeune homme,
Lors d'une nuit magique et de désir ardent,
Si bien des sentiments, un jour, meurent en somme,
Elle sait bien que lui, sera toujours présent.

© Baboo

11.04.2010

Sur les ailes du temps

1418.jpg
Dans le fond du tiroir, une photo jaunie,
Laissée là, par hasard, témoin d’une autre vie,
Elle semble dater, d'un temps assez ancien,
Fut prise en un bistrot, disparu, c’est certain.

Dans cette salle immense, au décor suranné,
Quatre piliers de bronze, un plafond ajouré,
Où la clarté s'immisce par la verrière,
Que l'on sent magistrale, divine et fière.

Aux tables, sont assis, quelques hommes âgés,
Ils portent des Melons ou bien des Canotiers,
La moustache est de mise en mil neuf cent quatorze,
Ils causent du conflit, la guerre n'est pas rose…

Debout, on voit des femmes, elles ont remplacé,
L'équipe des garçons, toute mobilisée,
Chacune bravement, s'investit et travaille,
Tandis que tous ces jeunes affrontent la mitraille.

Tous dans ce vieux café, à ce moment ignorent,
Qu'il va leur en coûter, quatre années, tant de morts.
La vie semble paisible, irréelle et figée,
Alors que depuis peu, la guerre est déclarée.

Dans le fond du tiroir, une photo jaunie,
Laissée là par hasard, témoin d'une autre vie,
Sur les ailes du temps, elle m'a emmené,
M'offrant de découvrir un soupçon du passé.

©Baboo