23.04.2010

L’Empire des Sens

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Reverrais-je fleurir les cerisiers d’antan
Dont les soyeux pétales, illuminaient tes yeux,
" Sakura" est toujours, le grand événement,
Dans ton Japon natal, ce monde merveilleux…

Pourrais-je encore entendre vibrer les "Taikos",
Ces obsédants tambours du pays des Nippons ?
Pourrais-je savourer ces battements si beaux,
Sourds, enivrants et forts mais toutefois si bons…

Sentirais-je à nouveau les odeurs des marchés,
D’Osaka ou Tokyo, Chiba et Shizuoka ?
Tant de saveurs mêlées, parfums alambiqués,
Il me manque tout ça, ici tout est si froid…

J’aimerais déguster ce délicieux "Fugu"
Au corps empoisonné, affronter le danger,
Comme avec toi naguère, nous étions si fous,
Ce dîner délicat, je ne peux l’oublier…

Pourrais-je encore toucher une peau aussi douce
Que celle de tes mains quand nous fumes ensemble,
Assis dans ce jardin où le grand bambou pousse,
Cela fait si longtemps, c’était hier il semble…

Pour toi je volerai, vers l’Empire des Sens
A nouveau pour jouir de ton doux souvenir.
Tout me rappellera que tu aimais sourire,
Un voyage pour toi, pour combler ton absence.

@Baboo

20.04.2010

Tokyo d'antan

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Tokyo en ce temps là, est joliment assise,
En une baie charmante, un décor à rêver,
Aucun rempart massif, ni limite précise,
Difficile de voir, la fin de la cité.

De petites maisons flanquées de jardinets,
Aux abords du Palais, les places seigneuriales,
Vivent dans l'ombre de tous les temples sacrés,
Au rythme de la Cour, des envies Impériales.

Les portiques des rues sont surmontés de toits,
Des grilles de bambou restent toujours en place,
Elles délimitaient les quartiers d'autrefois
Fermés pendant la nuit pour contrer toute audace.

Par les jours de beau temps se promènent les femmes,
Vêtues de broderies, pleines de fantaisie,
Kimonos délicats et obis se pavannent
En fête de couleurs, chatoiements de soierie.

Les hommes quant à eux, de tuniques vêtus,
En caleçon réduit et veste à amples manches
De cotonnade bleue ou noire avec en plus
De bien larges chapeaux couverts d'étoffes blanches.

Ces hommes courageux ont des tâches bien dures,
Le corps souple et musclé, maniant leurs brancards,
Remplacent le cheval en d'ingrates postures,
Aux voitures à bras qu'ils mènent sans écarts.

On peut voir certains soirs, aller le long des rues,
Des aveugles masseurs, tâtonnant du bâton
Monnayer tout leur art, en de mélopées crues,
Gardant le dernier mot cloîtré au plus profond.

La ville est traversée des flots d'une rivière,
La Sumida-Gawa qu'enjambent tant de ponts,
Les barques des pêcheurs, vision familière
Apportent au marché de frétillants poissons.

Sur les étals on peut admirer et choisir,
Quantité de beautés, de monstres incroyables,
Des pourpres, des rubis, des reflets de saphir
Teintent ces fruits de mer, ô combien désirables.

De Edo à Tokyo, les temps ont bien changé,
Cette douce quiétude, en danger, devra vivre,
Dieu punira un jour, le dédain du passé,
Les Japonais, si fiers, alors devront survivre.

@Baboo