24.04.2010

Le cimetière

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Sur le mur de la loge la pendule égrène
Les heures, les minutes, jusqu'à l'infini,
En ce lieu isolé qui ne vit que de peine,
Je suis le gardien de cet endroit maudit.

Mon tombeau est creusé, il est vide et si froid,
Dans ce grand cimetière à l'aspect maléfique.
Tant de brume, jamais, le soleil ne s'y voit,
Vais-je pouvoir contrer le moment fatidique.

Amer, je sens en moi, une ivresse, un délire,
Lors, je désire apprendre à voler dans la nuit,
L'obscurité m'entoure et mon cœur, lui, expire,

 Quand les voix du mensonge bercent de non-dit.
Non, je ne veux plus vivre et encor moins périr,
Mais soudain, elles chantent l'heure de mourir.

© Baboo

17.04.2010

Les deux cortèges - Joséphin Soulary

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Deux cortèges se sont rencontrés à l’église.
L’un est morne : il conduit le cercueil d’un enfant ;
Une femme le suit, presque folle, étouffant
Dans sa poitrine en feu le sanglot qui la brise.

L’autre, c’est un baptême ! Au bras qui le défend
Un nourrisson gazouille une note indécise :
Sa mère lui tendant le doux sein qu’il épuise,
L’embrasse tout entier d’un regard triomphant !

On baptise, on absout, et le temple se vide.
Les deux femmes, alors, se croisant sous l’abside,
Echangent un coup d’œil aussitôt détourné ;

Et – merveilleux retour qu’inspire la prière –
La jeune mère pleure en regardant la bière,
La femme qui pleurait sourit au nouveau-né !

Joséphin Soulary
(1815 - 1891)

Joseph Marie Soulary, dit Joséphin Soulary (né le 23 février 1815 à Lyon et mort le 28 mars 1891 à Lyon), est un poète français, fils d'un commerçant de Lyon d'origine génoise (Solari).
Il fut engagé dans un régiment de ligne à l'âge de seize ans et servit cinq ans sous les drapeaux. Il était chef de bureau à la préfecture du Rhône de 1845 à 1867, et en 1868 devint bibliothécaire au Palais des arts de sa ville natale. Il mourut à Lyon le 28 mars 1891.
Ses Œuvres poétiques furent rassemblées en trois volumes (1872-1883). Ses Sonnets humoristiques attirèrent sur lui les attentions, charmant leurs lecteurs par un mélange de gaité et de tragique. Sa maîtrise des difficultés techniques de son art, en particulier dans le sonnet, lui valut le titre de « Benvenuto de la rime ».
Une pittoresque rue de Lyon, dans le quatrième arrondissement, où habita Joséphin Soulary, porte aujourd'hui son nom.