15.05.2010
Nostalgie

Grâce à Mère Nature, un trait évocateur,
De ce lieu si plaisant, goûté sous le feuillage,
De la belle forêt, par un observateur,
Qui jouit de l'instant, sans éprouver ombrage.
Lui qui connut naguère cet endroit propice,
Ce havre d'escapade offert aux amoureux,
Il contemple les jeunes gens d'un oeil complice,
Les souvenirs jaillissent toujours chaleureux.
Des couples enlacés s'en vont en promenade,
Insouciants et fiers sous le ciel souverain,
Après s'être roulés dans l'herbe au ton de jade,
Certains vont s'embrasser au fond du souterrain.
Les pensées de notre homme vont vers la jeunesse
Qui s'isole pour vivre un peu d'intimité,
Avant de ressortir après quelque hardiesse,
Il se revoit lui-même avec sérénité.
Le plaisir, sans façon, illumine les yeux,
Plus d'une jeune fille ajuste son corsage.
Ils ont le coeur léger, main dans la main, heureux
Quand ils gagnent le bourg où tout devient plus sage.
© Baboo
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20.04.2010
Au bord du puits - Victor de Laprade

Le puits profond était poli comme un miroir ;
Le ciel s'y reflétait tout bleu, pur de nuages,
Formant d'azur et or un nimbe aux frais visages
Des amoureux penchés et ravis de s'y voir.
Sur le riant cristal encadré d'un mur noir
Se jouaient leurs yeux vifs en mille badinages ;
Lancés du bout des doigts, entre ces deux images
Les baisers voltigeaient dans le sombre couloir.
Voici qu'aux doux signaux et qu'à l'oeillade folle
La source en bouillonnant vient couper la parole :
Du flot qui les traduit le sourire est moins clair...
Mais pour mieux se parler dans ces brèves tempêtes,
Mélant leurs cheveux blonds, ils rapprochaient leurs têtes,
Et les baisers cessaient de se perdre dans l'air.
Victor de Laprade
(1812-1883)
Varia
Né à Montbrison (Loire), le 13 janvier 1812, Victor de Laprade est un poète religieux et royaliste, il appartient à l'école de Lamartine. Il fut lauréat de l'Académie en 1849 et en 1885, professeur à la Faculté des Lettres de Lyon, membre de l'Académie de cette ville, député en 1871.
Combattu par Mérimée et Sainte-Beuve, il échoua à l'Académie française avec 18 voix contre 19 obtenues par Émile Augier, dont le succès fut assuré par le vote d'Alfred de Musset ; il fut élu le 11 février 1858 contre dix candidats, au quatrième tour de scrutin par 17 voix contre 15 données à Jules Sandeau, en remplacement d'Alfred de Musset ; il fut reçu le 17 mars 1859 par Ludovic Vitet.
Mort le 14 décembre 1883.
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