08.05.2010

Premiers émois

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Lorsque la chair décide, et que l'âge rebelle
Entache les pensées des affres de l'amour,
L'esprit, droit vers l'enfer, se damne sans détour
Châtiant le péché d'une peine cruelle.

Mais quand l'esprit est maître et qu'il déploie son aile,
Loin des viles ténèbres et vole jusqu'au jour,
Il embellit tout l'être, en intime séjour,
Et bonifie le corps d'une grâce nouvelle.

Attends donc fièrement et sans t'impatienter
Le moment précieux où tu pourras goûter
La joie de rencontrer une douce compagne.

Et tous deux, tendrement, assis sous le ciel bleu,
Vous vous embrasserez, cachés dans la campagne.
Les coeurs purs ont toujours l'assentiment de Dieu.

@ Baboo

03.05.2010

Révolte

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Le combat est lancé, dans les rues de Paname
Et les troupes rivales se font face en rangs.
Dans l’ombre de la nuit, on peut voir leurs yeux blancs,
Au fond desquels la peur a allumé sa flamme.

La police est armée, en un cordon se dresse,
Un mur de boucliers, de matraques tendues,
Tandis que les ados, inconscients et têtus,
Semblent pétrifiés de tant de hardiesse.

Ils bondissent pourtant, vers ce rempart de fonte
Et cognent sur les flics, ne pensent pas à fuir,
Fiers et la rage au ventre, à voir le sang jaillir
Et s’effacer enfin, la colère qui monte.

Sous le choc la police a crié sa douleur,
Et vite s’est reprise, en poussant vers l’arrière,
Telle un rocher puissant, au milieu de la mer,
Mais les deux camps usent de la même fureur.

Quand l’aube arrive enfin, et que le jour s’éveille,
S’échappent quelques uns, on panse les blessures.
La police rejoint, par groupes, les voitures,
Laissant en liberté, les ados au soleil.

© Baboo

30.04.2010

Un amour de nounours

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Elle a gardé en elle, au fond de sa mémoire
Le vent qui cette nuit jouait dans ses cheveux,
Lorsque main dans la main quand la nuit se fit noire
Ils se sont embrassés, protégés par les cieux.

A la pomme d'amour elle repense aussi,
Celle que tous les deux, ils avaient dévorée.
Et comme à ce moment, la magie de la nuit,
Pour une éternité semblait s'être installée.

Parmi ces souvenirs qui firent la vie belle,
Tous ces moments passés, partagés avec lui
Il en est un précis, drôle qui lui rappelle
Ces choses amusantes qu'il faisait aussi.

Elle vit un nounours posé sur l'étagère,
De ce stand à la fête où ils étaient allés.
Elle tomba d'amour pour cet ourson polaire
Que la lune éclairait de ses rayons feutrés.

Elle lui dit alors qu'elle le désirait,
Il s'en vint aussitôt pour lui être agréable.
Il paya trois fléchettes pour lui décrocher,
Le lot qu'elle espérait, cet ourson adorable.

Cinq euros, trois essais, il en dépensa vingt
Essayant d'éclater trois ballons pour gagner.
Il n'était pas doué, s'appliquait néanmoins,
Pour pouvoir lui offrir ce nounours qu'elle aimait.

Elle repense encor comme il avait l'air triste,
Quand il n'eut plus d'argent, pour elle, à dépenser,
Comme il s'est retourné, a dit l'air pathétique :
Je suis si désolé, je ne peux pas gagner.

Alors le vieux forain, sensible et attendri,
Voyant le désespoir de ce pauvre jeune homme,
Lui dit : tu as tenté mais perdu le pari.
Je te donne cet ours, offre-le à ta môme.

Les années ont passé, ils ont chacun leur vie,
Elle garde en mémoire ces jours de bonheur.
Le vieux nounours est là, la mine défraîchie,
Il l'accompagnera jusqu'à ce qu'elle meurt.

Cet ours représente l'amour d'un jeune homme,
Lors d'une nuit magique et de désir ardent,
Si bien des sentiments, un jour, meurent en somme,
Elle sait bien que lui, sera toujours présent.

© Baboo