29.04.2010
Dame la pluie

Je voulais seulement m'abriter de la pluie,
Quand à cette seconde j'ai du m'enhardir,
Quand j'ai voulu laisser mes tendres mots jaillir,
Pour toi que j'aime tant, ma douce et tendre amie.
Je voulais seulement m'abriter de la pluie,
Quand j'ai perçu ta voix et que tout a changé,
Lorsque tu fus mon ombre où je me suis rangé,
Moi le faible et si lâche, oublié de la vie.
Je voulais seulement qu'encor tombe la pluie,
De l'avoir sans raison qu'elle rythme ma vie,
Mes mensonges, les joies, les peurs, l'amour de toi.
Qu'elle m'aide à agir, à freiner mes élans,
Pour que mes mots amers ne soient jamais méchants,
Entre nous je me dis, "Dame la pluie", c'est toi.
©Baboo
15:29 Publié dans Mes sonnets | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pluie, tendresse, amour
28.04.2010
Mortuae - Paul Bourget

Je n'ai gardé de toi, ma Mère, douce morte,
- Oh ! si douce ! - qu'un vieux portrait où l'on te voit
Accoudée, appuyant ta tempe sur ton doigt,
Comme pour comprimer une peine trop forte.
Quand tu songeais ainsi, Mère, je n'étais pas :
Tu n'avais pas tiré mon être de ton être...
Réponds ! devinais-tu qu'un fils devait te naître
Que tu devais laisser orphelin ici-bas ?
Voyais-tu mon destin d'avance, et mon angoisse,
Et ce coeur, né du tien, que tout maltraite et froisse,
Et cette hérédité de tes plus noirs ennuis ?
Réponds ! figure aimée et si vite ravie
Qui, de tes sombres yeux, pareils aux miens, me suis :
Avais-tu déjà peur de me donner la vie ?
Paul Bourget (1852-1935)
Les aveux
Tour à tour poète, romancier et critique, Paul Bourget influence de façon durable les lettres françaises au lendemain de l'ère naturaliste. Lecteur insatiable, féru de littérature, il passe une enfance solitaire à Clermont-Ferrand avant de rejoindre les bancs du Lycée Louis-le-Grand à Paris. Licencié en lettres, il enseigne comme professeur libre, côtoie tous les salons littéraires de la capitale, collabore à de nombreuses revues (' La Revue des Deux Mondes', 'Le Globe', à 'La Nouvelle Revue') et publie trois recueils de vers entre 1875 et 1882. Un an plus tard, ses 'Essais de psychologie contemporaine', dans lesquels il se livre à une analyse fouillée des écrivains qui le subjuguent (Renan, Baudelaire, Flaubert, Stendhal) font de lui un pilier de la critique littéraire. Mais contrairement aux conseils de ses proches, il ne se cantonne pas à cette discipline et choisit d'écrire des romans. Avec 'Cruelle Énigme' (1885), 'André Cornélis' (1887), et surtout 'Le Disciple' (1888), il devient maître du roman psychologique. Son retour au catholicisme au début du XXème siècle donne une nouvelle orientation à ses écrits, qui se teintent de moralisme. Il publie également plusieurs recueils de nouvelles, genre qui lui convient mieux. Paul Bourget incarne la tradition et l'ordre moral, ce qui le conduit à adhérer à la doctrine de l'Action française.
22:53 Publié dans Poèmes célèbres que j'apprécie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mère.fils, conflit, haine, désamour
26.04.2010
A la mer

Maigres telles des soles, ou même des anguilles.
Tous les trois s’en allaient chaque année à la mer
Se baigner insouciants, parmi les flots amers.
Et lorsque vers le large, entre ses deux blondines,
Le gros papa énorme, à l’air majestueux
S’avançait, on eût dit qu’entouré de sardines
Au loin barbotait un gros phoque monstrueux.
Aussi, quand de la plage on regardait notre homme
S’ébattre, très joyeux, entre ses deux fuseaux,
Des loustics s’écriaient : "Voilà ce que l’on nomme,
En bon français, savoir nager entre deux os !"
@ Baboo
08:00 Publié dans Mes délires poétiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mer, gros, humour, fable


