30.04.2010
Un amour de nounours

Le vent qui cette nuit jouait dans ses cheveux,
Lorsque main dans la main quand la nuit se fit noire
Ils se sont embrassés, protégés par les cieux.
A la pomme d'amour elle repense aussi,
Celle que tous les deux, ils avaient dévorée.
Et comme à ce moment, la magie de la nuit,
Pour une éternité semblait s'être installée.
Parmi ces souvenirs qui firent la vie belle,
Tous ces moments passés, partagés avec lui
Il en est un précis, drôle qui lui rappelle
Ces choses amusantes qu'il faisait aussi.
Elle vit un nounours posé sur l'étagère,
De ce stand à la fête où ils étaient allés.
Elle tomba d'amour pour cet ourson polaire
Que la lune éclairait de ses rayons feutrés.
Elle lui dit alors qu'elle le désirait,
Il s'en vint aussitôt pour lui être agréable.
Il paya trois fléchettes pour lui décrocher,
Le lot qu'elle espérait, cet ourson adorable.
Cinq euros, trois essais, il en dépensa vingt
Essayant d'éclater trois ballons pour gagner.
Il n'était pas doué, s'appliquait néanmoins,
Pour pouvoir lui offrir ce nounours qu'elle aimait.
Elle repense encor comme il avait l'air triste,
Quand il n'eut plus d'argent, pour elle, à dépenser,
Comme il s'est retourné, a dit l'air pathétique :
Je suis si désolé, je ne peux pas gagner.
Alors le vieux forain, sensible et attendri,
Voyant le désespoir de ce pauvre jeune homme,
Lui dit : tu as tenté mais perdu le pari.
Les années ont passé, ils ont chacun leur vie,
Elle garde en mémoire ces jours de bonheur.
Le vieux nounours est là, la mine défraîchie,
Il l'accompagnera jusqu'à ce qu'elle meurt.
Cet ours représente l'amour d'un jeune homme,
Lors d'une nuit magique et de désir ardent,
Si bien des sentiments, un jour, meurent en somme,
Elle sait bien que lui, sera toujours présent.
© Baboo
16:39 Publié dans Mes poèmes | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nounours, ours peluche, obstination, souvenir, tendresse, ados
29.04.2010
Dame la pluie

Je voulais seulement m'abriter de la pluie,
Quand à cette seconde j'ai du m'enhardir,
Quand j'ai voulu laisser mes tendres mots jaillir,
Pour toi que j'aime tant, ma douce et tendre amie.
Je voulais seulement m'abriter de la pluie,
Quand j'ai perçu ta voix et que tout a changé,
Lorsque tu fus mon ombre où je me suis rangé,
Moi le faible et si lâche, oublié de la vie.
Je voulais seulement qu'encor tombe la pluie,
De l'avoir sans raison qu'elle rythme ma vie,
Mes mensonges, les joies, les peurs, l'amour de toi.
Qu'elle m'aide à agir, à freiner mes élans,
Pour que mes mots amers ne soient jamais méchants,
Entre nous je me dis, "Dame la pluie", c'est toi.
©Baboo
15:29 Publié dans Mes sonnets | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pluie, tendresse, amour
28.04.2010
Mortuae - Paul Bourget

Je n'ai gardé de toi, ma Mère, douce morte,
- Oh ! si douce ! - qu'un vieux portrait où l'on te voit
Accoudée, appuyant ta tempe sur ton doigt,
Comme pour comprimer une peine trop forte.
Quand tu songeais ainsi, Mère, je n'étais pas :
Tu n'avais pas tiré mon être de ton être...
Réponds ! devinais-tu qu'un fils devait te naître
Que tu devais laisser orphelin ici-bas ?
Voyais-tu mon destin d'avance, et mon angoisse,
Et ce coeur, né du tien, que tout maltraite et froisse,
Et cette hérédité de tes plus noirs ennuis ?
Réponds ! figure aimée et si vite ravie
Qui, de tes sombres yeux, pareils aux miens, me suis :
Avais-tu déjà peur de me donner la vie ?
Paul Bourget (1852-1935)
Les aveux
Tour à tour poète, romancier et critique, Paul Bourget influence de façon durable les lettres françaises au lendemain de l'ère naturaliste. Lecteur insatiable, féru de littérature, il passe une enfance solitaire à Clermont-Ferrand avant de rejoindre les bancs du Lycée Louis-le-Grand à Paris. Licencié en lettres, il enseigne comme professeur libre, côtoie tous les salons littéraires de la capitale, collabore à de nombreuses revues (' La Revue des Deux Mondes', 'Le Globe', à 'La Nouvelle Revue') et publie trois recueils de vers entre 1875 et 1882. Un an plus tard, ses 'Essais de psychologie contemporaine', dans lesquels il se livre à une analyse fouillée des écrivains qui le subjuguent (Renan, Baudelaire, Flaubert, Stendhal) font de lui un pilier de la critique littéraire. Mais contrairement aux conseils de ses proches, il ne se cantonne pas à cette discipline et choisit d'écrire des romans. Avec 'Cruelle Énigme' (1885), 'André Cornélis' (1887), et surtout 'Le Disciple' (1888), il devient maître du roman psychologique. Son retour au catholicisme au début du XXème siècle donne une nouvelle orientation à ses écrits, qui se teintent de moralisme. Il publie également plusieurs recueils de nouvelles, genre qui lui convient mieux. Paul Bourget incarne la tradition et l'ordre moral, ce qui le conduit à adhérer à la doctrine de l'Action française.
22:53 Publié dans Poèmes célèbres que j'apprécie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mère.fils, conflit, haine, désamour
26.04.2010
A la mer

Maigres telles des soles, ou même des anguilles.
Tous les trois s’en allaient chaque année à la mer
Se baigner insouciants, parmi les flots amers.
Et lorsque vers le large, entre ses deux blondines,
Le gros papa énorme, à l’air majestueux
S’avançait, on eût dit qu’entouré de sardines
Au loin barbotait un gros phoque monstrueux.
Aussi, quand de la plage on regardait notre homme
S’ébattre, très joyeux, entre ses deux fuseaux,
Des loustics s’écriaient : "Voilà ce que l’on nomme,
En bon français, savoir nager entre deux os !"
@ Baboo
08:00 Publié dans Mes délires poétiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mer, gros, humour, fable
25.04.2010
La mer

Par le chant de ses vagues captive la mer,
J’aime humer ses embruns, tels des vapeurs d’encens,
A bord de ce vaisseau qui a quitté Ouessant,
Quand au loin disparaît la vision de la terre.
Un vol de cormorans à l’allure sévère
Plane dans le sillage de ce bateau blanc,
Nous faisant profiter par son appel vibrant,
Des tempos mélodieux d’un chant éphémère.
Pour le marin la mer est joie ou bien malheur,
Il y trouve la vie ou lui crie sa douleur.
Car ces flots précieux, sa seule raison d’être,
Représentent bien plus que des montagnes d’or.
Chaque jour il se doit, jusqu’à la mort, peut-être,
D’honorer celle qui le ramène à bon port.
©Baboo
15:18 Publié dans Mes sonnets | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mer, vagues, embruns, cormorans, marins, portraits
L’eunuque

L’absence de parties, n’empêche pas qu’il aime,
Plus qu’il ne le faudrait, les femmes du sultan,
Se poussant à la faute, un danger menaçant.
As-tu vraiment fauté, tu dois le confirmer,
Malade ou obsédé, désires tu tout perdre ?
Privé de ce boulot, tu seras dans la merde…
Moralité :
Et que tes fautes soient niées…
(Equeuté, faut te soigner…)
© Baboo
13:38 Publié dans Mes fables-express | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : fable-express, humour, eunuque, parties, holorime
24.04.2010
Le cimetière

Les heures, les minutes, jusqu'à l'infini,
En ce lieu isolé qui ne vit que de peine,
Je suis le gardien de cet endroit maudit.
Mon tombeau est creusé, il est vide et si froid,
Dans ce grand cimetière à l'aspect maléfique.
Tant de brume, jamais, le soleil ne s'y voit,
Vais-je pouvoir contrer le moment fatidique.
Amer, je sens en moi, une ivresse, un délire,
Lors, je désire apprendre à voler dans la nuit,
L'obscurité m'entoure et mon cœur, lui, expire,
Quand les voix du mensonge bercent de non-dit.
Non, je ne veux plus vivre et encor moins périr,
Mais soudain, elles chantent l'heure de mourir.
© Baboo
15:18 Publié dans Mes sonnets | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cimetière, attente, mort, décès, tombeau, fatalité, obscurité
23.04.2010
L’Empire des Sens

Dont les soyeux pétales, illuminaient tes yeux,
" Sakura" est toujours, le grand événement,
Dans ton Japon natal, ce monde merveilleux…
Pourrais-je encore entendre vibrer les "Taikos",
Ces obsédants tambours du pays des Nippons ?
Pourrais-je savourer ces battements si beaux,
Sourds, enivrants et forts mais toutefois si bons…
Sentirais-je à nouveau les odeurs des marchés,
D’Osaka ou Tokyo, Chiba et Shizuoka ?
Tant de saveurs mêlées, parfums alambiqués,
Il me manque tout ça, ici tout est si froid…
J’aimerais déguster ce délicieux "Fugu"
Au corps empoisonné, affronter le danger,
Comme avec toi naguère, nous étions si fous,
Ce dîner délicat, je ne peux l’oublier…
Pourrais-je encore toucher une peau aussi douce
Que celle de tes mains quand nous fumes ensemble,
Assis dans ce jardin où le grand bambou pousse,
Cela fait si longtemps, c’était hier il semble…
Pour toi je volerai, vers l’Empire des Sens
A nouveau pour jouir de ton doux souvenir.
Tout me rappellera que tu aimais sourire,
Un voyage pour toi, pour combler ton absence.
@Baboo
09:30 Publié dans Mes poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : japon, sakura, cerisiers, nostalgie, cinq sens
22.04.2010
Sans un mot, sans un cri

Je vois la jeune fille, un tableau si touchant,
Elle a dans le regard comme une lumière,
A l’éclat pénétrant, flamboyant diamant.
Malgré l'obscurité je distingue ses lèvres,
Joliment dessinées, des anges assoupis,
La lune offre à sa peau de doux reflets mièvres,
Embrase ses cheveux qu’elle a vraiment jolis.
Ils coulent en cascade au creux de son épaule,
Colorés par de l’or, des nuances de feu,
Ondulant par instants, comme mus par le rôle
D’un acte de théâtre dont j’aime le jeu.
Se dévoilent alors, tant de regrets profonds
Que ses lèvres rougies ont eu à endurer,
De tristes souvenirs et de graves affronts
Causés par les brûlures d’un vent meurtrier.
Les affres de la vie semblaient marquer sa peau
Griffée à tout jamais aux crocs d’arbres noueux,
Déchirant son corps pur qui fut pourtant si beau,
Le feu en farandole allumait ses cheveux.
Son regard, tristement se brouilla d’une larme,
Mais elle me fixait sans un mot, sans un cri,
J’avais le cœur battant, une douleur à l’âme.
Soudain, en un instant elle fuit dans la nuit.
© Baboo
16:35 Publié dans Mes poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jeune fille, regrets, tristesse, épreuves, douleurs
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Bonne visite virtuelle de Paris…


